Tête à tête avec Guillaume Michel, jeune créateur

 

Veste passementerie Guillaume Michel

Une des créations phare de Guillaume : une veste en passementerie

Nous sommes partis à la rencontre d’un de nos coups de coeur créateur. Guillaume, 24 ans est assis à la terrasse d’un bistrot parisien place de la Bourse. Rencontre.

1) Avez-vous toujours eu envie de devenir créateur de mode et depuis combien de temps faîtes-vous ce métier ?

G.M. : Oui, depuis le primaire je suis attiré par cette voie. A un moment donné à la fin du collège j’ai été tenté par les Compagnons de France en ébénisterie. J’ai donc été partagé entre l’ébénisterie et le stylisme. Ce qui m’a plu davantage dans la mode c’est ce changement perpétuel puisqu’elle est éphémère. Elle change et évolue sans cesse. Ce qui est intéressant c’est aussi la manière dont chacun, en fonction de son style, peut porter une pièce vestimentaire. Et il y a la féminité aussi dans la mode qui est passionante. C’est l’attrait pour le monde féminin qui me plaît. Aujourd’hui cela fait 5 ans que j’évolue dans cet univers.

2) Quelles sont tes influences?

G.M. : Je suis assez distant de ce milieu, je ne lis même pas la presse mode. Je m’inspire surtout de mes autres passions, de mon éducation et de toute l’actualité.

Par exemple pour l’un des projets que je mène actuellement, j’ai voulu me concentrer sur quelque chose qui évolue dans le temps. J’ai donc rencontré un chercheur du CNRS qui travaillait sur une matière évolutive. Suite à cette rencontre, j’ai déposé un brevet. Pour ce même projet, j’ai également puisé mon inspiration sur les événements qui se sont déroulés au Japon : le tsunami et ses répercussions dans le monde entier.

Depuis tout petit j’admire Yves SAINT LAURENT:

Il y a aussi Sandra Backlund que je considère comme un des nouveaux talent de la mode:

Enfin, j’apprécie l’approche du « vêtement objet » d’Hussein CHALAYAN.

 

 

3) Comment t’es tu imiscé dans la mode?

G.M. : Après mon bac, j’ai étudié 1 an à ESMOD. Lors d’un premier stage chez Emmanuel Ungaro, je me suis réorienté vers la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne sous les conseils du Directeur Artistique de l’époque. C’est comme ça que j’ai pu bénéficier de la formation de chacune des deux écoles qui se sont révélées très complémentaires. ESMOD cible son apprentissage vers la technique, le patronage et la post-production tandis que la Chambre Syndicale est plus sensible au modélisme, au moulage de la toile et au travail du tissu. Lors de mon expérience chez Ungaro, j’ai pu évolué de poste en faisant de l’alternance. D’assistant maître tailleur dans l’atelier haute coûture à assistant styliste où j’ai eu l’occasion de rencontrer Peter Dundas qui était le DA d’Ungaro de l’époque.

En ce qui concerne l’artisanat, j’y suis très sensible et j’y crois vraiment. Je pense que le « fait maison » va se développer davantage, en France où le savoir-faire fait partie intégrante de notre culture.

 

Hermès, "Le savoir-faire à la française"

4) Pourquoi as-tu choisi de vivre à Paris ? Est-ce une ville d’inspiration pour toi?

G.M. : Comme je viens de Toulouse, j’ai d’abord choisi Paris pour le côté pratique. Sur le plan de la distance, c’est ce que je pouvais me permettre. Aller vivre à l’étranger ça ne m’intéresse pas, je préfère aller faire des missions de 2 mois comme j’avais fait au Japon. Il y a tellement de choses à voir en France et puis, je suis tout simplement assez attaché et fier de mes racines. Par exemple, j’aime mes croissants le matin! Et étant sensible à l’univers de l’artisanat, la France est un des pays qui détient un des plus beaux patrimoines artisanaux.

5) Est-ce qu’il y a une de tes créations dont tu es particulièrement fier ?

G.M. : Oui, la robe de mariée de ma mère. C’est plus sur un plan affectif mais elle lui ressemble vraiment et elle a fait l’unanimité !

6) Quel est ton style vestimentaire?

G.M. : Je suis assez classique parce que ma création est assouvie dans mon travail donc je ne ressens pas le besoin de faire l’original sur moi. Polo, chemise, pantalon, short… Mais je n’aime pas les baskets. J’achète ce qu’il me plaît sans être à la recherche de quoi que ce soit.

7) Un mot sur MonDéfilé.com?

G.M. : Le e-commerce est un secteur très en vogue. Faire un blog où l’on puisse communiquer sur des jeunes créateurs c’est très généreux ; les aider à lancer une première production c’est vraiment bien et puis, développer des suivis de tendance de l’actu mode est aussi très intéressant.

Propos recueillis par Diane de Choisy

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