Entretien avec Nick Ma, jeune créateur de mode

Au beau milieu du quartier de Montorgueil. Il est minuit et je retrouve à la terrasse d’un restaurant Nick, ce jeune créateur de mode que je dois découvrir en chair et en os… Et oui, parfois les interviews se font au beau milieu de la nuit quand les agendas ne peuvent coincider autrement! Découverte de ce jeune homme de 26 ans.

Photo Nick

1) Comment as-tu eu envie de devenir créateur de mode?

N.M: Mon père est modéliste depuis 30 ans donc j’ai grandi dans cette atmosphère. Je l’ai beaucoup observé et puis je l’ai aidé aussi! Cela a donc commencé à faire partie de moi et puis, naturellement je me suis mis à me concentrer de plus en plus sur cet univers. J’ai toujours voulu exprimer et faire ressortir ce qu’il y a en moi mais, pas d’une manière directe. J’ai choisi la mode parce qu’elle m’intrigue et m’attire. Comme j’aime le design, j’ai voulu mêler les deux pour créer dans ce monde là précisément. J’ai par la suite constaté que je pouvais être doué dans cet univers. Ce qui m’a plû aussi c’est qu’on a sans cesse envie d’évoluer parce qu’on peut toujours faire mieux dans la mode. En bref, ma vocation m’est venue naturellement!

2) As-tu des influences et des modèles parmi les grands couturiers de la mode?

N.M: J’ai toujours fait attention à ne pas être trop influencé pour ne pas perdre mes idées et, ressembler sans m’en rendre compte à quelqu’un d’autre ou à un mouvement de mode, une tendance. Je préfère apprécier certains talents en général que m’inspirer d’eux. Je dois d’abord consolider ma personnalité et parvenir à créer mon identité à moi. Si je devais en citer 2 que je respecte énormément, je dirais:

> Yiquin Ying :

Van Noten face à un jury

> Et Rick Owens:

Paris fashion week

3) Pourquoi as-tu choisi de vivre à Paris?

N.M: Je vis depuis 3 ans à Paris. Avant j’étais à Hong Kong, ma ville natale. Pourquoi Paris? Tout a commencé en 2007 lorsque j’ai gagné un concours organisé par le gouvernement de mon pays natal pour être inscrit dans une école de mode européenne. Cela permet de récompenser un jeune talent mode n’ayant pas les opportunités de financer ses études artistiques. La plupart des jeunes à Hong Kong choisissent l’Angleterre pour aller étudier parce que l’on y parle l’anglais. Mais comme moi j’aime les challenges, j’ai eu envie de découvrir une nouvelle langue. Et en plus, Paris ne cesse jamais d’être une source d’inspiration.

4) Alors comment t’y es-tu pris en arrivant à Paris?

N.M: J’ai fait un an à l’école ESMOD et je n’ai pas beaucoup aimé. J’ai eu donc envie de retourner sur le terrain. J’ai alors pris l’option stage. Et puis je suis allé à Shanghai pendant 6 mois pour voir le marché de la mode qui est très différent de celui d’Hong Kong. Je voulais apprendre et voir autre chose. Et je suis rentré à Paris où j’ai repris mes études et j’ai intégré l’IFM pendant un an, l’Institut Français de la mode où j’ai découvert une école qui me ressemblait plus. J’ai ensuite voulu démarrer ma vie professionnelle après avoir fait 4 mois de stage.

5) Que fais tu exactement aujourd’hui dans la mode?

N.M: Aujourd’hui je travaille en tant que designer dans une jeune boîte « Farel ». L’identité de la marque se définit dans les vêtements de rue, le style urbain. Mon boss est très doué et c’est ce qui m’a donné envie de poursuivre à ses côtés.

6) As-tu d’autres projets?

N.M: Je commence à lancer mon propre label. Cela va prendre du temps… Je pense que d’ici un an tout sera prêt à éclore.

7) Ce n’est pas trop dur de gérer ces 2 « activités » en même temps?

N.M: J’aime les défis. Mais je dois avouer que parfois c’est un peu dur, je n’ai ni week-end, ni vacances. La journée je travaille en tant que designer pour gagner ma vie et la nuit je tente d’avancer le plus possible pour développer ma propre marque. Donc je dors 3 à 4 heures par nuit et comme je ne m’habitue pas à plus d’heures de sommeil, je tiens le coup!

8) Aurais-tu un mot à dire sur MonDéfilé.com?

N.M: C’est un projet très intéressant! Je trouve que c’est une très belle initiative. C’est sans doute une des meilleures manières d’aider les jeunes créateurs de mode. Les promouvoir et les faire connaître de manière innovante et interactive, c’est ce qui m’a vraiment donné envie de participer à cette aventure.

Propos reccueillis par Diane de Choisy

 

Ce contenu a été publié dans Interviews. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire